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  • La baisse des prix des appartements et des maisons est enclenchée

    5 avr. 2013 Le FigaroJEAN-YVES GUERIN @jyguerin

    La baisse des prix des appartements et des maisons est enclenchée Selon les notaires, le prix des appartements anciens en France a reculé de 7 % entre août 2012 et mars 2013. Une décrue qui devrait se poursuivre les prochains mois.

    Nous ne croyons pas à l’éclatement de la bulle immobilière BRUNO DELAMBRE, MEMBRE DU BUREAU DU CONSEIL SUPÉRIEUR DU NOTARIAT
    L’immobilier français 35 % trop cher, selon «The Economist»

    Enfin une bonne nouvelle pour les acheteurs potentiels de logement. Après quinze ans de hausse quasi ininterrompue, les prix de l’immobilier ancien ont amorcé une réelle décrue depuis mi-2012 en France. « Entre août 2012 et mars 2013, les prix constatés lors des promesses de vente concernant des appartements anciens ont baissé de 7 % dans l’Hexagone », explique-t-on à la chambre des notaires de France. Même à Paris, où l’envolée des tarifs avait continué plus longtemps qu’ailleurs, ce recul est bien réel. Aujourd’hui, le mètre carré moyen se paye 8 080 € dans la capitale contre 8 460 €, le niveau record atteint l’été dernier. Un recul de 4,5 %.

    Comme souvent, les experts ne partagent pas les mêmes chiffres. Ainsi, le réseau d’agences immobilières Century 21 estime qu’au premier trimestre 2013 la baisse n’a pas dépassé 0,6 %. Mais tous sont d’accord sur l’essentiel : après avoir légèrement baissé en 2012 (-1,3 %, selon les notaires), les prix vont continuer à reculer au cours de cette année. Pour des raisons évidentes : la montée du chômage et le petit moral des Français face aux sombres perspectives économiques qui ne leur donne pas envie de se lancer dans un achat immobilier. Une réalité qui se traduit depuis quelque temps par une chute des transactions immobilières. « Nous attendons seulement 600 000 ventes cette année, contre 709 000 en 2012 et plus de 800 000 il y a deux ans », avance Philippe Laborde, président de l’Institut notarial de l’immobilier.

    Cette baisse des prix sera-t-elle limitée ou s’agira-t-il d’un décrochage marqué ? Deux écoles s’affrontent. Pas mal de macroéconomistes tablent sur un recul des prix très sensible. Ainsi, fin janvier, le cabinet Asterès pariait sur une baisse des prix de l’immobilier ancien de 10 % par an pendant trois ans. Pour justifier cette analyse, lui et ses pairs relèvent que les prix de l’immobilier sont excessifs par rapport au revenu disponible des ménages. Mi-janvier, l’hebdomadaire The Economist estimait que la France était le pays européen où l’immobilier était le plus surcoté. L’évolution des prix des appartements et maisons, beaucoup plus rapide que celle des salaires au cours des dix dernières années, en donne un aperçu. Selon les notaires, la hausse a été de 151 % à Bordeaux, de 138 % à Lyon et de 65 % à Rennes ou à Reims.
    Recul limité à 5 %

    Les agents immobiliers, eux, envisagent plutôt une baisse des prix limitée. Il n’y a guère que Laforêt à tabler sur un recul des tarifs de 5 % cette année. « Avec les mauvaises nouvelles récentes, le recul sera supérieur aux 2 % que nous anticipions en janvier, mais ne dépassera pas les 3 % », affirme Jean-François Buet, président de la Fnaim. « Nous ne croyons pas à l’éclatement de la bulle immobilière », renchérit Bruno Delambre, membre du bureau du Conseil supérieur du notariat.

    Pour une fois, le gouvernement souhaiterait que les agences de notation aient raison, car la lutte contre le prix élevé des appartements et des maisons constitue un axe de la politique menée par Cécile Duflot, ministre du Logement. Mais cet effondrement est tout sauf certain. En effet, pour faire baisser les prix de l’immobilier, le gouvernement a choisi de « booster » l’offre de logements neufs, aujourd’hui au plus bas. Cela passe par la cession à des tarifs préférentiels de terrains publics pour y bâtir des logements. Ou par la chasse contre les recours abusifs contre les permis de construire. Si cette approche est efficace, elle ne portera pas ses fruits avant plusieurs années.

    Une autre politique, aux effets plus rapides, serait possible : aider les accédants à la propriété. Nicolas Sarkozy l’avait fait avec le PTZ (prêt à taux zéro) +. Pour faire des économies, il l’avait, à la fin de son mandat, réservé aux acquéreurs d’immobilier neuf. Duflot n’a pas souhaité rouvrir le PTZ + à ceux qui achètent un logement ancien, considérant que cela entretenait la hausse des prix. Et aussi, probablement, que cela plombait les finances publiques…

    2 Comments

    • Nicolas dit :

      Effectivement, à l’exception des particuliers cherchant à vendre leurs logements, cette chute des prix est une bonne nouvelle pour tous le monde globalement. Et c’est même mieux que ça ! Je pense que cette histoire va booster certains marchés comme celui de la loi duflot qui a été lancé le 1er Janvier et fait face à des particuliers encore un peu frileux devant cette nouvelle loi parce qu’évidemment ils ne savent pas si sur le long terme elle leur sera rentable.

    • Viager dit :

      La baisse des prix de l’immobilier concerne le neuf que l’ancien. Bref, une grande opportunité d’acquisition de bien immobilier. Mais jusqu’à quand?

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